5. Valeur et travail productif

Cette rubrique regroupe deux textes destinés prioritairement à des spécialistes.

Le premier texte est intitulé « Une conception purement sociale de la valeur et du travail productif » (pdf 0.32 Mo). Ce texte inédit de 2008 a une portée exclusivement théorique : il synthétise les principales conceptions théoriques sous-jacentes au manuel de 2005. Les points de vue défendus, justifiés par le seul souci de cohérence conceptuelle, contribuent à renouveler certains aspects fondamentaux de la théorie économique marxiste

Le deuxième texte est intitulé « Productive labour, price/value ratio and rate of surplus value : theoretical viewpoints and empirical evidence » (pdf 0.92 Mo). Cet article plus ancien (publié en 1990 dans le Cambridge Journal of Economics) a une portée à la fois théorique et empirique : on y retrouve plusieurs des positions théoriques présentes dans le manuel de 2005 ; on y découvre en outre une estimation statistique de quelques concepts théoriques de base, ainsi que le détail des méthodes suivies pour estimer statistiquement ces concepts. Ces mêmes méthodes sont à la base des estimations statistiques fournies dans la manuel de 2005 (chapitre II pour l’équivalent monétaire des valeurs, chapitre VIII pour les facteurs affectant l’évolution du taux de plus-value).

Résumé : Une conception purement sociale de la valeur et du travail productif

La valeur est ici définie comme « travail indirectement social », c’est-à-dire comme travail reconnu socialement utile par la vente du produit. Cet unique critère permet d’inclure dans le concept de marchandise, au même titre que les biens matériels, l’ensemble des services (pour autant qu’ils soient vendus).

L’adoption du critère de travail indirectement social remet en cause la distinction habituelle entre activités de production et activités de circulation : dans la mesure où il y a vente, les unes et les autres produisent des marchandises et de la valeur. Une distinction nouvelle est cependant introduite entre les activités de circulation (qui prennent du temps) et les actes de circulation (qui sont instantanés) : les premières relèvent de la production au sens large et peuvent donner lieu à la création de valeur et de plus-value ; les seconds, par contre, ne peuvent créer ni valeur ni plus-value.

L’adoption du critère de travail indirectement social remet aussi en cause les conceptions habituelles concernant le travail plus qualifié et le travail plus intensif. Ceux-ci ne créent pas plus de valeur que le travail moyen. Mais ils constituent des facteurs d’augmentation de la productivité et sont traités comme tels : limités à une entreprise, ils donnent lieu à un transfert de plus-value ; généralisés à l’économie, ils donnent lieu à une production de plus-value relative. Une distinction nouvelle est introduite entre exploitation économique et exploitation physique, qui peuvent évoluer en sens opposés.

L’adoption du critère de travail indirectement social contribue également à remettre en cause les conceptions habituelles concernant la « valeur de la force de travail » et les rapports entre celle-ci et le salaire monétaire.

Les positions non conformistes adoptées dissocient complètement la définition du travail productif et la définition des classes sociales. Sur le plan de la théorie économique, les positions défendues présentent le double avantage de la rigueur et de la simplicité : d’une part, elles rendent l’approche plus rigoureuse et plus cohérente ; d’autre part, tout en étant justifiées par le seul souci de cohérence conceptuelle, elles ont pour résultat de simplifier la théorie et de faciliter l’estimation statistique de divers concepts-clés.

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Table des matières : Une conception purement sociale de la valeur et du travail productif

Introduction

1. Travail et valeur
1.1 Le travail dans la société capitaliste
1.2 La valeur comme travail indirectement social

2. Le débat sur les concepts de marchandise et de travail productif
2.1 Les conceptions traditionnelles
2.1.1 L'exclusion des activités de circulation et de surveillance
2.1.2 L'exclusion des services immatériels
2.2 Une conception alternative
2.2.1 Principes
2.2.2 Réponse à deux objections
2.2.3 Intérêt des deux concepts de travail productif
2.2.4 Travail productif et classes sociales

3. Le débat concernant le travail plus productif, plus intensif, plus qualifié
3.1 Les conceptions traditionnelles
3.1.1 La création de valeur
3.1.2 L'effet sur le taux de plus-value
3.2 Une conception alternative
3.2.1 Critique de la conception traditionnelle
3.2.2 Principes alternatifs
3.2.3 Exploitation physique et exploitation économique

4. Les rapports entre salaire et valeur de la force de travail
4.1 Les conceptions traditionnelles
4.2 Une conception alternative
4.2.1 Principes
4.2.2 Critique d'explications concurrentes

5. Conclusion

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Table des matières : Productive labour, price/value ratio and rate of surplus value

1. Labour and the production of value
1.1 Labour in a capitalist society
1.2 Value as indirectly social labour
1.3 The quantity of value created

2. The link between labour magnitudes and money magnitudes : the price/value ratio (E)
2.1 General principles
2.2 Estimating E

3. Measuring rates of surplus value
3.1 Additional problems related to the measurement of rates of surplus value
-    The nature of labour-power and the relations between value of labour power and the money wage
-    Which concept of wage ?
3.2 An estimation of the rate of surplus value
-    Method of calculation
-    Results
3.3 An empirical analysis of the factors affecting the rate of surplus value
-    Method of analysis
-    Results

Conclusions

Bibliography

Appendix
Sources and methods
Data tables

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